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Stop au micro management : 7 symptômes à identifier

Par micro-management, on entend généralement un management intrusif et un manager dans l’impossibilité de déléguer se transformant petit à petit en contrôleur tyrannique et pointilleux. Ce manager trop présent, qui se targue bien souvent d’être seulement scrupuleux et perfectionniste est en réalité une personne toxique qui va également mettre à mal l’équilibre fragile de l’entreprise en suscitant démotivation et méfiance plutôt qu’une productivité accrue. Il existe pourtant des signes symptomatiques d’un tel management que l’on peut apprendre à déceler pour éviter de courir à la catastrophe.

1. Micro management : Des objectifs mal identifiés

Micro management - Objectifs

Le micro-manager est souvent un manager obsédé par les petites tâches et incapable de prendre du recul ou de la hauteur. Cela se traduit bien souvent par une visée à très court terme et par des objectifs morcelés qui manquent de consistance. Une vision floue et des contours mal définis l’empêchent de clairement définir des priorités et de hiérarchiser les différentes actions à mener. Plutôt que de synthétiser de manière globale, le micro-manager aura tendance à se disperser et à s’enliser dans les détails ou dans l’anecdotique. Les explications noyées dans un flot de détails rendent le message et les objectifs peu clairs, et la tâche des mandatés extrêmement délicate, voire carrément vouée à l’échec. Au lieu d’être ce regard extérieur qui surplombe l’intégralité de la tâche de manière bienveillante, le regard du micro-manager mine de l’intérieur toutes les petites tâches qui composent la mission et empêche la pleine réalisation de cette tâche.

 

2. Micro management : Des compétences mal évaluées

Micro management - Compétences

Comme les objectifs, les compétences sont vagues et sans classement efficace. Le micro-manager va dont effectuer une répartition des tâches sans réelle vision globale et sans véritable adéquation avec les compétences de ses collaborateurs. En plus de la perte de temps liée à des besoins d’adaptation plus importants, il prend le risque d’un travail de piètre qualité et d’une perte d’énergie considérable pour tenter de tout rectifier. Par ailleurs, le micro-manager prend rarement la peine de consulter ses collaborateurs pour échanger sur la répartition des tâches, il ne se donne donc jamais aucune chance de rectifier à temps.

 

3. Micro management : Un manque de deadlines et d’organisation

Micro management - Deadlines

Une autre caractéristique importante du micro-manager est liée à cette incapacité à surplomber le projet : n’ayant pas de vision globale, il aura du mal à fixer des échéances précises et à organiser le travail en fonction de l’échéance finale. A l’image des journées à rallonge que le micro-manager effectue chaque jour pour vérifier le travail de ses collaborateurs, les étapes sont extensibles selon les défauts constatés.
Quand les étapes sont flexibles et que chacun des collaborateurs a un rythme qui se désynchronise de celui de l’équipe, il devient très difficile de coordonner toutes les échéances pour que le projet soit mené à son terme sans retard.

 

4. Micro management : Une marge d’autonomie trop réduite

Micro management - d’autonomie

Par autonomie, on entend : « le niveau d’indépendance dont une personne dispose pour accomplir une tâche ». Ross A Webber, professeur de management à la Wharton School, définit ainsi 8 niveaux d’autonomie en fonction de 4 critères essentiels : l’analyse, la décision, l’action et la communication.

Ces 8 niveaux d’autonomie sont définis de la manière suivante :

– Niveau 1 : aucune autonomie : le collaborateur ne procède qu’à la recherche d’informations, c’est le manager qui effectue la prise de décision et accomplit l’action.
– Niveau 2 : le collaborateur s’occupe de la présentation des informations et c’est le manager qui effectue la prise de décision et passe à l’action
– Niveau 3 : Le collaborateur recommande une action mais c’est le manager qui prend la décision et effectue l’action.
– Niveau 4 : Le collaborateur s’occupe de la prise de décision, le manager valide l’action et l’effectue
– Niveau 5 : Le collaborateur informe le manager qui dispose d’un droit de véto qu’il peut opposer, le collaborateur réalise l’action
– Niveau 6 : Le manager n’est au courant que des répercussions et des résultats
– Niveau 7 : Le manager n’est au courant des répercussions si elles sont négatives
– Niveau 8 : Le collaborateur fait et assume tout

Le micro-manager laisse en général une autonomie très réduite (de 1 à 5) à son collaborateur, ce qui l’empêche de s’approprier véritablement le projet et d’avoir l’assurance nécessaire pour le mener à terme. Le micro-manager est dans l’incapacité de déléguer tout ou partie de son activité.

 

6 – Micro management : Un déficit de communication

Micro management - Communication

Communiquer n’est pas non plus le point fort du micro-manager. Incapable de faire confiance à quelqu’un d’autre que lui-même, il a tendance à soliloquer et à ne pas écouter ses collaborateurs, ce qui nuit à l’échange et à la répartition des tâches par essence. Il ne trouve pas utile de bien expliquer car il sait qu’il dispose d’un pouvoir de rectification et qu’il est impératif pour lui de l’utiliser pour être un bon manager. De même, il ne prend pas la peine d’échanger pour mieux comprendre et évaluer les compétences de ses collaborateurs, il ne fait pas l’effort de communiquer clairement car il a besoin que ses collaborateurs soient dépendants de lui, en quelque sorte.

 

7 – Micro management : Une manie du contrôle

Micro management - Control

Ce qui caractérise le mieux le micro-manager est sa manie du contrôle et son obsession déraisonnée du détail, le faisant au départ passer pour un manager perfectionniste (et empathique). Pourtant, peu à peu, cette démarche le fera glisser vers une irascibilité imprévisible dès que les choses lui échappent.
Pour lui, le bon manager veille sur ses ouailles et les aide au quotidien et s’il ne le fait pas, ce n’est pas un bon manager. Il aura tendance à être très tôt au bureau et à rester jusque tard pour bien surveiller les allers et venues dans l’entreprise, à interpeller ses collaborateurs pour vérifier qu’ils appliquent bien les conseils qu’il leur a donnés. Cette manie du contrôle est de plus en plus envahissante et peut conduire le micro-manager au burn-out, surtout lorsqu’il monte en grade. Même si cette obsession du contrôle n’est pas toujours maladive, elle nuit cependant au travail collaboratif car des collaborateurs infantilisés finissent toujours par se comporter comme des enfants, au détriment de l’entreprise, qui a besoin d’adultes pour fonctionner correctement.

 

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Comments

1 Comment

Adrien

Vraiment bien ton article.
Ce n’est pas évident de détecter un micro manager aux premiers abords, car comme tu dis, il se cache souvent derrière le “professionnalisme” ou “perfectionnisme”; tu donnes de bonnes pistes pour l’identifier.
Cependant, j’aimerais avoir des expériences de personnes qui ont été ou on connu un micro-manager, et qui pourrait partager des idées afin d’améliorer.


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